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Popay

"Sans Titre", 2015

Rotring sur Papier
21 x 29,7 cm

Vendue encadrée

Les portraits imaginés par Popay oscillent entre grotesque et sensible, ces personnages rêvés, ces monstres réalistes, évoquent d'insaisissables canons de beauté

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(Sans titre)

Ironique, quand on sait : « Arrête de dessiner des monstres ! »

On fait bien d'entendre, mais de ne pas écouter sa maman...

Popay, ami sincère des Freaks.

Il faut dire qu'ils sont séduisants, les monstres, avec leurs queues, leurs cornes, leurs plumes, leurs écailles, leurs antennes... Il faut dire qu'ils sont beaux, les freaks, avec leurs frusques, leurs crêtes, leurs labrets, leurs piercings, leurs scarifications aléatoires et leurs tatouages improvisés...

Terrain vague : les suivre dans leur jungle. Résider dans toutes leurs friches, ou presque. Opiniâtre frère de l'underground. Connecter des modules, fonder des groupuscules, squatter des édicules. Dessinateur industrieux au stylographe tubulaire, comme technicien du gaz acrylique, mécanicien de la trame compulsive et manufacturée. 

Graffeurs certes et graveur, autant que coloriste. 

L'aérosol et l'encre sécrétions de quelque organe, fluides naturels, irrépressibles humeurs. Milliers de hachures, cicatrices, incisions, micro-chirurgie tatouée au scalpel graphique. Formule magique ! Ébullitions noires, suave soustraction, fractions, parts d'ombre. Dans ces visages fous et prolixes, -du portrait comme mandala-, chaque griffe est une prière. Ces yeux qui y brillent grands ouverts tel exorcisme lucide. Transe effrénée entre papier et plume.

Grain de la peau, frisson de la chair.

Organique donc, all-over. Avec cette dioptrie de la fièvre. De ses fruits, pourris, verts ou juste murs, l'accumulateur. Fébrilité du geste, visions hallucinées un zeste. Génial. Et humble, en plus. « Ce que tu appelles mon « style », c'est ma maladresse ». Sur support incongru, « de chic, du bout de la brosse », ou, comme ici, précis et sur papier, dans ces traces, ni chien-ni bredouille, le lascar Crumb, Corben, Moeb', Konture, Trophées de chasse en solo, ces trognes ! À n'en plus cesser les name-drops : Vinci, Arcimboldo, Bosch, Bruegel, Goya, Lautrec, Picasso, Bacon, Baselitz, Combas, Barcelo...Enfermé dehors par le sort, par l'époque et les académies. Ces heures de jam-session graphiques...c'est le retour du refoulé. Ces centaines de portraits « d'après nature » Agités, fermentés, digérés et ici régurgités, le feu intact, revanche de l'autodidacte. Dans la plus libre et fertile des figurations.

« Popay a eu une grande influence sur ma production »

Et moi donc, tu m'étonnes : De l'avoir vu à l’œuvre, tout puceau, je suis rentré briser tous mes pinceaux.

Temto 09/04/2016 pour Head Hunters / Popay de Ayguavives

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